Histoire/Patrimoine Charles de Rémusat, mémorialiste toulousain de renom

Les "Mémoires" de ce libéral toulousain, ministre de l'Intérieur et des Affaires étrangères, nous plongent au plus près des vicissitudes des régimes politiques du XIXe siècle.

Publié le : 26/02/2017 à 08:05
Portrait de Charles de Rémusat peint en 1843 par Paul Delaroche. © Musée du Vieux-Toulouse, J.Kerambloch
Portrait de Charles de Rémusat peint en 1843 par Paul Delaroche. © Musée du Vieux-Toulouse, J.Kerambloch -

Journaliste, essayiste, philosophe, auteur dramatique, homme politique… Charles de Rémusat combine tous les talents de l’homme éclairé du XIXe siècle. Une plume aussi alerte que précise qu’il met à profit dans ses prodigieuses Mémoires de ma vie. 2500 pages d’une existence bouillonnante, traversée du Consulat à la IIIe République, exhumées il y a quelques années par le professeur et académicien des Jeux floraux, Jacques Arlet, auteur d’une biographie de référence, parue aux éditions Rémi Perrin.

L’appétence pour les lettres et la politique, Charles les contracte dès son plus jeune âge. Sa mère, la comtesse de Rémusat, issue d’une illustre famille de magistrats toulousains, lui enseigne ses premières humanités tandis que son père occupe sous la protection de Talleyrand, le grand chambellan de Napoléon, diverses charges prestigieuses au sein de la Maison de l’Empereur.

Salonnier et journaliste

Dans la capitale, le jeune homme parfait son éducation au sein de la bonne société par ses fréquentations assidues des salons, écrit des mélodrames et se lie d’amitié au début des années 1820 avec les Charbonniers, une société secrète née à Naples au temps de la domination napoléonienne, et qui en France, rassemble une coalition d’opposants, des bonapartistes aux républicains, à la Restauration.

Foncièrement attaché à l’idée d’une monarchie constitutionnelle, il est conforté dans ses idées par un premier voyage en Angleterre à qui il consacrera une série d’articles pour La Revue des Deux-Mondes. Journaliste au Globe, hebdomadaire puis quotidien libéral dont il devient le rédacteur en chef, il signe avec Adolphe Thiers, la protestation contre les ordonnances de Charles X dont l’une d’elles suspend la liberté de la presse et appelle le duc d’Orléans sur le trône.

Ministre et hommes de lettres

Au lendemain des Trois Glorieuses, Rémusat, héritier du château de Lafitte-Vigordane, près de Muret, se fait élire député de Haute-Garonne. Collaborateur du président du Conseil, Casimir Périer, l’oncle de sa première épouse, c’est à l’Intérieur (sous-secrétaire puis ministre) qu’il obtient ses succès. Il fait abolir la chaîne des forçats, fait adopter le fourgon cellulaire et fait arrêter en août 1840, Louis-Napoléon-Bonaparte, auteur d’une tentative de coup d’Etat.

Ce dernier le fait arrêter à son tour en décembre 1851, le contraint à l’exil à Bruxelles et à Londres avant de l’autoriser à rentrer en France. Il redevient un homme de lettres, comme en attestent ses ouvrages sur la philosophie anglaise ou ses biographies consacrées à Saint-Anselme ou Abélard, avant de revenir sur le devant de la scène politique.Après avoir conclu le traité préliminaire de paix avec Bismarck, Thiers le nomme en août 1871 aux Affaires étrangères afin de négocier l’évacuation totale des troupes allemandes, entérinée par la signature du traité du 15 mars 1873 entre le chancelier et Élie de Gontaut-Biron, ambassadeur d’Allemagne à Berlin.

Mathieu Arnal

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