Le blog d'Ovale masqué [Blog Rugby] Stade Toulousain - Oyonnax : après un bon match de merde, « on retiendra la victoire »

Ovale Masqué revient sur les débuts du Stade Toulousain en Coupe d'Europe. Classement, jeu... c'est pas gagné.

Publié le : 25/11/2015 à 08:11
Le Imanol

Une semaine après avoir subi une lourde défaite sur la pelouse des Saracens, au cours d’un match disputé dans un contexte très particulier (qui aurait envie de voir les gueules d’Owen Farrell et Chris Ashton alors qu’un drame national vient de se dérouler en France ?) le Stade Toulousain retournait sur ses terres pour défier Oyonnax dans le cadre de la 2ème journée de la Rugby Champions Cup.

Pour l’occasion, le stade Ernest-Wallon sonnait hélas bien creux. Mais détrompez-vous, le peuple de la Ville rose ne craignait nullement une quelconque menace terroriste. Non, il avait juste peur de voir un match entre le Stade Toulousain et Oyonnax. Et il avait raison.

L’adversaire : Oyonnax

Pour les lecteurs peu au fait de l’actualité du rugby et qui n’ont pas regardé un match depuis la fin de la Coupe du monde (rassurez-vous, le Top 14 ce n’est de toute façon pas vraiment le même sport), il est bon de préciser que oui, Oyonnax participe bien à la grande Coupe d’Europe. Ce n’est pas une blague.

Dans un sport professionnel un tant soit peu sérieux, par exemple le football, il serait impossible de voir le FC Sochaux disputer la Ligue des Champions. C’est tout le charme de l’Ovalie : chez nous, tu peux rentrer en boîte et t’asseoir au carré VIP même quand tu portes des sabots crottés et un chapeau de paille.

On se moque un peu, mais soyons honnêtes et reconnaissons qu’Oyonnax a bien mérité sa place dans le gratin européen : l’année dernière, l’USO était tout de même passé à deux doigts de se qualifier pour les demi-finales du Top 14. On est bien placés pour le savoir à Toulouse puisqu’on a failli perdre contre eux en match de barrage.

Heureusement, depuis, le grand gourou Christophe Urios a quitté Oyo pour rejoindre Castres en partant avec les bijoux de famille, la vaisselle, la femme du président et la moitié de l’effectif. C’est donc un adversaire a priori à la portée des Rouge et Noir qui se présentait aux Sept Deniers samedi dernier.

Notez tout de même que par marque de fairplay et pour équilibrer les chances, la météo toulousaine avait décidé d’adopter le froid polaire qui sévit dans la région de… enfin là où se trouve Oyonnax.

La compo

Avant un match aussi crucial, il était important de bien faire comprendre à tout le monde que l’on prenait cette équipe d’Oyonnax au sérieux. C’est donc probablement dans cette optique qu’Ugo Mola avait décidé d’envoyer un signal fort en mettant au repos la plupart de ses titulaires (Flood, Dusautoir, Camara, Bézy, Clerc…).

De toute façon le plan de jeu était simple : on balance Picamoles dans le tas pour leur rouler dessus, puis on donne le ballon à Fickou pour finir le travail après 12 crochets intérieur et une course de 50 mètres.

Composition Oyonnax

La compo d’Oyonnax :

Comme d’habitude, à part Silvère Tian et Florian Denos, on ne connait personne chez eux. Notons tout de même la présence de Pierrick Gunther, qui a adopté un look de gladiateur métrosexuel qui serait déclaré illégal même dans un mauvais ersatz de Mad Max sorti directement en VHS dans les années 80.

Pierrick Gunther
Vivement que se termine enfin ce mois de novembre, ses drames et son Movember à la con.

 

Le film du match :

3ème minute : Première mêlée du match, qui sera rejouée environ 12 fois. Attention, c’est un running-gag qui va régulièrement revenir pendant 80 minutes. La preuve que les arbitres étrangers s’habituent très vite aux coutumes du Top 14.

7ème : Vasil Kakovin est pénalisé pour avoir poussé en travers en mêlée face à Antoine Guillamon (vous vous souvenez de lui ?). Oyonnax tente la pénalité et Régis Lespinas ouvre le score, 0-3.

9ème : Nouvelle pénalité. À 50 mètres en face des poteaux, Régis démontre qu’il n’a décidément rien d’un con et ajoute trois points de plus, 0-6.

12ème : Jean-Marc Doussain joue vite une pénalité, ce qui me permet d’écrire « Jean-Marc Doussain » et « vite » dans la même phrase, chose que je pensais inimaginable. Malheureusement ça ne donne rien puisque Clément Poitrenaud balance une passe en touche. L’arbitre revient à la pénalité, qui est transformée par McAlister. 3-6.

14ème : Les commentateurs anglais de BT Sports nous font remarquer que Maxime Médard a perdu du poids. C’est vrai mais restons vigilants, la période des fêtes arrive à grand pas.

15ème : Gaël Fickou prend un intervalle et croise avec Le Imanol, qui nous offre une superbe chistera dans le vide que n’aurait pas renié Juan-Martin Hernandez. En même temps c’est sa dernière saison, faut le laisser s’amuser un peu.

17ème : Première touche toulousaine et premier ballon perdu. L’autre running-gag de l’après-midi.

19ème : À 5 mètres de la ligne d’en-but d’Oyo, Luke McAlister tente un coup de pied à suivre qui ne s’imposait pas vraiment et qui termine en ballon mort. Quand Luke commence à jouer n’importe comment, ça veut vraiment dire que l’hiver approche.

25ème : Les commentateurs s’extasient sur Louis Picamoles, qualifié de « monster » puis de « absolute freak ». Selon eux, il va faire des malheurs à Northampton. Bref comme nous, ils n’en ont visiblement pas grand chose à foutre de ce match.

28ème : Le Imanol continue son one-man-show et tente une relance de ses 22 mètres. Mais sa passe pour Matanavou est dans le mauvais tempo et termine encore en touche. Heureusement, derrière, Oyo perd le ballon sur l’alignement.

30ème : On s’ennuie fort alors j’en profite pour glisser une info transfert : Richie Gray a signé à Toulouse. Avec, Talalelei, ça va donc faire 2 Gray à Toulouse. Mettons tout de suite les choses au clair : toute personne qui fera un jeu de mot basé sur le titre d’un roman érotique à succès méritera d’être enfermé dans le même local à poubelles que David Mélé depuis le début de la saison.

Point positif : peut-être que Tolofua aura moins de mal à viser correctement un grand blond décoloré de 2 mètres 10.

31ème : Après une PICA-charge suivie d’une belle passe après contact, les Rouge et Noir envoient enfin du jeu. Le ballon parvient jusqu’à l’aile où Le Imanol balance une nouvelle passe en touche en tentant de trouver Médard.

32ème : Nouveau point sur nos amis anglais qui trouvent que Jean-Marc Doussain est « clairement un N°9 » et devrait se fixer à ce poste. Soit l’inverse de ce que pensent tous les supporters du Stade depuis 3 ans. Ces gens là ne sont décidément pas comme nous.

33ème : Après une belle et longue action toulousaine, Gray s’échappe le long de la ligne de touche et va marquer. Mais l’essai est annulé à la vidéo pour un léger en-avant de Picamoles après une passe douteuse de McAlister.

38ème : Sous une chandelle oyonaxienne, Picamoles et Matanavou se télescopent magnifiquement. Cette première période aurait fait le bonheur de Vidéo Gag si cette émission existait encore.

40ème : La mi-temps est sifflée sur un énième en-avant de McAlister. La petite partie du public qui n’est pas encore congelée siffle timidement. Toulouse réussit donc l’exploit d’être mené à la mi-temps en ayant 70% de possession. Un privilège habituellement réservé à l’équipe nationale d’Écosse.

Ugo Mola
Ugo Mola, sur le point de gagner son concours d'imitation de Guy Novès.

43ème : Après un bon ballon porté qui progresse jusqu’à quelques centimètres de l’en-but, le ballon sort pour Matanavou qui s’infiltre entre deux défenseurs et va marquer (enfin) marquer. Big Mac transforme, 10-6.

55ème : Nos amis anglais sont très énervés par Tolofua qui en est à son 6ème lancer raté. En même temps, à force de tout le temps viser Le Imanol, la touche toulousaine est assez facile à lire et à contrer pour les mangeurs d’ours.

58ème : Après 10 minutes de pas grand chose, Picamoles passe tout près de marquer le deuxième essai après une PICA-charge. Le ballon s’envole vite sur l’autre aile et Médard va marquer en force après un crochet intérieur. Big Mac passe une transformation difficile en coin, 17-6.

70ème : Tout content d’avoir mis son essai, Médard fait n’importe quoi avec un coup de pied à suivre en plein milieu du terrain, qui tombe pile dans les bras de Tian. L’Ivoirien relance plein champ, casse un plaquage de McAlister et passe les bras pour Maurouard, qui transmet à Martin, qui n’a plus qu’à aller aplatir. 17-11, le match est relancé alors que l’USO n’a quasiment rien fait pendant 70 minutes.

74ème : Alors qu’on commence quand même un peu à flipper, Gaël Fickou enclenche le cheat code « tu peux pas me toucher » et décide de traverser le terrain en évitant 17 plaquages. Le pire c’est qu’après sa course de 50 mètres, il a l’air aussi essoufflé qu’après son footing du dimanche. 24-11.

75ème : Le match s’emballe, les Rouge et Noir veulent aller chercher le bonus. C’est alors qu’un miracle se produit : la première action décisive de Gregory Lamboley depuis le début de sa carrière. Le troisième ligne toulousain, placé en position de demi de mêlée, réalise une superbe passe pour Fabien Cibray, qui n’a plus qu’à sprinter jusqu’à l’en-but toulousain. C’est transformé par Nicky Robinson, 24-18.

Staff Oyo
Même le staff d'Oyonnax se marre après ce qu'on pourrait qualifier d'essai le plus con de l'année.

80ème : Après une dernière frayeur avec une percée de Tian qui ne donne rien, puis une action toulousaine avortée à l’issue de laquelle l’arbitre décide étrangement de ne pas revenir à l’avantage, la fin du match est sifflée. 24-18.

Les Imanol d’Or

Louis Picamoles : Comme d’habitude depuis son retour de la Coupe du monde, il marche sur tout le monde. Et en plus, sur ce match il s’est pris pour Sonny Bill Williams en tentant 12 offloads. Il va être malheureusement bien dur à remplacer.

Talalelei Gray : Partout sur le terrain, en attaque comme en défense. Vraiment la bonne pioche de l’été.

Gaël Fickou : Plus pour l’ensemble de son œuvre depuis 3-4 matchs que pour sa performance sur cette rencontre en particulier. Il peut faire la différence dès qu’il touche le ballon. Une sorte d’Alexandre Dumoulin inversé.

Les Luke Burgess d’Or :

Petit match pour Clément Poitrenaud et Le Imanol : cette sale météo ne réussit pas aux artistes. Christopher Tolofua a été bon dans le jeu mais a perdu beaucoup de ballons en touche, même si la qualité de ses lancers n’était peut-être pas en cause à chaque fois. Dommage après sa bonne performance dans le secteur face à Grenoble.

Le Imanol
Imanol Patoulatchi, rugbyman, gardien de la paix avant tout.

Le bilan

Comme dirait un entraîneur en panne d’inspiration après un bon match de merde, « on retiendra la victoire ». Après la fessée reçue chez les Saracens, il fallait absolument gagner, c’est fait. On regrettera l’absence de bonus offensif, qui semblait pourtant à la portée des Toulousains. Pendant ce temps, les Sarries sont allés chercher 5 points sur la pelouse de l’Ulster et il sera sûrement bien compliqué, voire impossible d’aller les chercher. Une place de meilleur deuxième est envisageable, mais pour ça, il faudra remporter la double confrontation contre les Nord-Irlandais en décembre.

En attendant, retour au Top 14 le week-end prochain avec un match contre le Racing Pas Métro 92. Une rencontre qui n’aura pratiquement aucun intérêt, à part pour narguer Yannick Nyanga on lui montrant qu’il a vraiment été trop con de se barrer.

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