Tribune Baudis, le bien aîmé

L'édito de la semaine est consacré à Dominique Baudis, ancien maire de la Toulouse, décédé le 10 avril dernier.

Publié le : 17/04/2014 à 10:52
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On le revoit, ce grand zigue, l’allure d’un prince, la figure d’éternel jeune homme, la réussite lui passant la main dans les cheveux.Ses châsses azurées et son sourire de cinéma faisaient son charme, sa nature retenue, égarée entre pudeur et mystère, sa noblesse. D’une noblesse venant de la contenance, comme l’a peinte Braque et écrite Chateaubriand, et conduisant là où Barbey d’Aurevilly place les hommes supérieurs.C’était Baudis. Un personnage au charisme contenu qui a pourtant pris le cœur des Toulousains et leur instinct si méridional, si emporté, un maire de droite qui a séduit une ville toujours restée à gauche.Une singulière histoire d’amour, trois fois plébiscitée dès le premier tour, et encore perceptible dans l’émotion marchant, ce mercredi, derrière le cercueil de celui qui fut leur maire pendant 18 ans. Dans le cortège, les Toulousains se souvinrent de l’affection avec laquelle Baudis leur donnait ses mains comme, au jardin, le propriétaire caresse ses rosiers.

On peut résumer sans peine l’apogée baudisien en disant qu’il a rendu les Toulousains fiers de leur ville

Ils se souvinrent aussi de la façon dont cet homme qui personnifia Toulouse, a su provoquer leur destin et celui d’une ville qui, sous sa baguette s’est changée en une puissante capitale européenne sans sacrifier sa douceur de vivre.Métro, grands équipements culturels… Plus aucun d’entre nous ne saurait égrener de façon exhaustive toutes les réalisations de ce maire bâtisseur tellement les années furent fastes, à cette époque où le denier public n’était pas encore une denrée rare et que Toulouse tenait un maire sachant s’en servir.On peut résumer sans peine l’apogée baudisien en disant qu’il a rendu les Toulousains fiers de leur ville.Voilà qui scella pour toujours l’union entre les deux parties pour le meilleur et le pire.Le pire survenu à la sortie de l’hiver 2003 lorsqu’un quarteron de détracteurs entreprit de brûler l’icône. Comme ce citoyen d’Athènes qui bannissait Aristide parce qu’il était fatigué de sa réussite, ils spéculèrent sur une rumeur, au mépris du secret d’instruction et de la présomption d’innocence, jetant Baudis dans la solitude de l’accusé.Avant de prendre définitivement la calomnie à la gorge et d’être lavé de tout soupçon, Baudis put compter sur l’affection des Toulousains, en majorité peu dupes de ce traquenard politique et soutiens indéfectibles de leur grand zigue aux allures de prince.

Photo de Pascal Pallas

Pascal Pallas

Editeur / Rédacteur en chef
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