Aéronautique & Espace Avions déroutés à Toulouse : pourquoi certains atterrissent à bon (aéro)port... et pas les autres ?

Trois avions à destination de Toulouse ont été déroutés, dimanche 12 et lundi 13 février 2017, à cause des vents violents. Mais pourquoi certains vols sont déviés et pas d'autres ?

Publié le : 13/02/2017 à 16:15
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Trois avions ont été déroutés, entre dimanche 12 et lundi 13 février 2017 à Toulouse, à cause de vents violents. (photo d'illustration © Pixabay / ivabalk)

Mais pourquoi certains avions sont déroutés et pas d’autres ? Dimanche 12 février 2017, à 6 heures du matin, Météo France a placé le département de la Haute-Garonne en vigilance orange pour « vents violents ». Au vu des puissantes rafales, qui soufflaient à plus de 100 km/h sur Toulouse, l’alerte a été prolongée jusqu’à lundi 13 février, 16 heures.

Cette situation météorologique n’a pas spécialement arrangé les pilotes d’avion, d’autant plus que certains ont préféré dérouter leur vol, plutôt que d’atterrir sur le tarmac toulousain. C’est easyJet qui a ouvert le bal des déviations, suivi par Air France. Au total, entre dimanche midi et lundi matin, trois vols ont été déroutés. Pourquoi ? Éléments de réponse.

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Décision du pilote

Tout d’abord, le vent n’est pas constant. À certains moment, les rafales sont plus puissantes que d’autres. On le voit d’ailleurs nettement sur la journée de lundi, à Toulouse : le vent doit souffler, selon Météo France, à 100 km/h en moyenne dans la journée, avant de progressivement se calmer. Vers 19 heures, il est prévu que les rafales tournent plutôt autour des 85 km/h.

C’est le pilote qui décide si les conditions sont favorables ou pas, à son arrivée sur l’aéroport où il doit atterrir, expliquent les services de l’aéroport de Toulouse-Blagnac.

S’il juge que les conditions ne sont pas réunies pour un atterrissage en toute sécurité, le commandant de bord peut donc décider de son déroutement. « Il joue la carte de la sécurité. Vaut-il mieux que l’avion soit dérouté ou qu’on prenne le risque de mettre les passagers en danger ? », interroge Marc Dupeyron, responsable des relations presse de l’aéroport de la Ville rose.

Le but, c’est de ne pas se mettre dans un entonnoir, complète Éric Prévot, commandant de bord Boeing 777 et porte-parole des Opérations aérienne pour Air France.

Des différences selon les compagnies ?

Mais pourquoi atterrir à Lyon plutôt qu’à Montpellier, lundi matin ? « Tout simplement à cause des conditions météo », précise easyJet. Le vent soufflant aussi fort sur Montpellier, le pilote a préféré se poser à Lyon.

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Avant de partir, on s’appuie sur des modèles de précision météo fiables, qui permettent d’appréhender les conditions en vol et à l’atterrissage. Grâce à ces données, nous pouvons choisir un aérodrome de dégagement, précise Éric Prévot.

Avant de décoller, le commandant de bord doit établir un plan B et un plan C, au cas où les conditions ne seraient pas favorables à l’atterrissage (météo, problème de carburant, urgence médicale, etc.). Et, tant qu’il est aux manettes, il n’a pas à justifier son choix, c’est bien lui qui prend la décisions. « Une fois l’événement fini, il doit écrire un rapport et, là, la compagnie peut éventuellement lui demander des comptes », ajoute easyJet.

Si un événement vient perturber leur vol ou leur atterrissage, les pilotes peuvent demander à être immédiatement déroutés ou tenter une première approche, avant de faire une « remise de gaz », explique Éric Prévot.

Il faut savoir qu’une remise de gaz est une opération occasionnelle, mais pas exceptionnelle. Même si elle peut être mal perçue par les clients, c’est une procédure normale, ajoute-t-il.

Ils peuvent ensuite faire une deuxième tentative, mais pas trois. Puis, selon le pétrole qu’il leur reste en réserve, se diriger vers leur plan B, voire leur plan C. Et toutes les compagnies obéissent normalement aux mêmes règles. « Il n’est pas sensé y avoir de différences », souffle easyJet.

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Jamais seuls

Même si la décision finale incombe au commandant de bord, il n’est pas seul pendant l’opération. « Chez Air France, nous sommes en liaison avec le Centre de contrôle des opérations (CCO), qui nous suit 24h/24 et 7j/7 », explique Éric Prévot. Ce dernier anticipe les conditions météo et connaît les aérodromes ainsi que les points sur lesquels les pilotes peuvent s’appuyer, en cas d’urgence.

Ce sont un peu nos anges gardiens, mais la décision est prise par le commandant de bord, en liaison avec les deux autres pilotes, tous aussi qualifiés, présents dans le cockpit, insiste-t-il.

Ce centre vérifie notamment que ces fameux points d’appui soient bien libres et que les conditions météorologiques sont réunies, pour permettre l’atterrissage de l’appareil. Si ce n’est pas le cas, le centre et les trois pilotes cherchent un autre terrain.

Et Éric Prévot d’achever :

Dans la plupart des cas, on essaie de se rendre à l’aéroport prévu pour respecter le contrat établi avec nos clients. Mais il faut bien comprendre que, si on décide de changer de destination en cours de route, c’est toujours pour une raison de sécurité.

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Alice Patalacci

Journaliste à Côté Toulouse.
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