Transports Autoroute Toulouse-Castres : malgré un avis favorable au projet, le péage prévu est-il trop cher ?

La commission d'enquête a émis début mars 2017 un avis favorable assorti de réserves, sur le projet d'autoroute entre Castres (Tarn) et Toulouse. Le prix du péage fait aussi débat.

Publié le : 07/03/2017 à 16:29
15 € l'aller-retour : le prix prévisionnel du péage entre Castres et Toulouse (Castelmaurou, plus précisément), est pointé par la commission d'enquête (Photo : Illustration / Fotolia)
15 € l'aller-retour : le prix prévisionnel du péage entre Castres et Toulouse (Castelmaurou, plus précisément), est pointé par la commission d'enquête (Photo : Illustration / Fotolia)

C’est l’un des grands projets d’aménagements routiers de ces prochaines années, en Occitanie. Le vieux serpent de mer de l’autoroute Castres-Toulouse entrevoit-il le bout du tunnel ? Une enquête publique sur ce projet avait été ouverte, lundi 5 décembre 2016. L’objectif étant de faire émerger sur ce parcours évalué à une soixantaine de kilomètres (entre Castelmaurou, au nord-est de Toulouse, et Castres), une autoroute payante. Permettant « un gain de temps de 35 minutes » sur la totalité du trajet, évalué à 1h20 en moyenne actuellement, de Toulouse à Castres.

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Voici le tracé prévisionnel de la future autoroute :

Le tracé prévu pour le projet d'autoroute entre Toulouse et Castres (Image : préfecture de la Haute-Garonne)
Le tracé prévu pour le projet d'autoroute entre Toulouse et Castres. (Image : préfecture de la Haute-Garonne)

Faute de moyens publics, le choix de l’autoroute payante

L’enquête publique s’est terminée lundi 23 janvier 2017. Selon la préfecture de la Haute-Garonne,« elle a permis au public de faire part de ses observations et de son avis à la commission d’enquête indépendante ». Le dossier d’enquête et des registres ont été mis à la disposition du public dans les 24 communes concernées par le tracé ; un registre électronique, accessible à partir des sites Internet de l’État en Haute-Garonne et dans le Tarn, a été également spécifiquement ouvert pour cette enquête. 8 751 observations ont été formulées, ce qui fait dire aux services de l’État « qu’elle a donné lieu à une participation très importante du public ».

Par ailleurs, dans ses conclusions, la commission d’enquête ne s’en cache pas : « La réponse la plus adéquate aurait été la réalisation d’une voie express 2×2 voies limitée à 110 km/h, mais face à cette urgente nécessité et en absence de capacités financières publiques conséquentes, la concession autoroutière est la solution par défaut la plus appropriée ». Porté par l’État, le projet ferait donc l’objet d’une concession aux Autoroutes du Sud de la France (ASF), filiale de Vinci Autoroutes. Quant aux projets alternatifs qui avaient été proposés, ils ont finalement été écartés.

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7,5 euros de péage, pour 61 kilomètres d’autoroute

Dans ses conclusions, la commission d’enquête pointe également le prix du péage, jugé exorbitant par beaucoup d’usagers, pour un tracé relativement court : 61 kilomètres séparent le péage de Toulouse Est et Castres.

L’enquête publique a mis en évidence que, pour une grande majorité de personnes, le montant annoncé de 15 € en aller-retour, pour les usagers en véhicule léger accomplissant la totalité de l’itinéraire, est jugé trop excessif. Pour la commission d’enquête, il constitue une des « pierres d’achoppement » du projet et risque d’avoir une forte incidence sur l’attractivité de la nouvelle infrastructure, stipule ainsi ladite commission dans ses conclusions.

Cela dit, le maître d’ouvrage indique dans son rapport que « le véritable coût du péage sera connu au terme de la procédure d’appel d’offre de concession ». Du coup, la commission d’enquête recommande « à l’ensemble des intervenants dans la réalisation de ce projet, État comme maître d’ouvrage, concessionnaire, collectivités locales, à veiller de manière rigoureuse à l’établissement des coûts et éviter toutes dérives » et de « ne pas alourdir le montant du péage et même parvenir si possible à le diminuer ».

Rappelons que rallier Toulouse à Albi pour une distance quasiment identique – à un kilomètre près -, coûte 1,5 € aux automobilistes… soit 5 fois mois cher !

Des réserves, en particulier autour de Verfeil

La commission d’enquête a donc remis, lundi 6 mars 2017 au préfet du Tarn, coordonnateur de l’enquête publique, son rapport et ses conclusions. En voici un résumé.

En ce qui concerne l‘utilité publique du projet de l’élargissement de l’A680, son avis est favorable assorti d’une réserve concernant l’aménagement de l’échangeur de Verfeil (Haute-Garonne).

Pour ce qui est de l’utilité publique de la concession autoroutière entre Verfeil et Castres : son avis est favorable assorti de réserves portant sur l’aménagement de la traversée de la commune de Verfeil, la réalisation d’un échangeur au niveau des communes de Maurens-Scopont, Cambon-les-Lavaur et Vendine, ainsi que la révision de l’aménagement de l’itinéraire de substitution en particulier à hauteur des communes de Soual et de Puylaurens (Tarn).

Pour la mise en compatibilité des documents d’urbanisme des communes concernées : son avis est favorable sous réserve de la prise en compte des réserves précitées concernant les Déclarations d’utilité publique.

Enfin, concernant le classement du projet de liaison Castres-Toulouse au statut « autoroutier » : son avis est favorable sous la même réserve de prise en compte des réserves précitées concernant les Déclarations d’utilité publique.

Mise en service en 2024 ?

Le rapport et les conclusions de la commission d’enquête ont été rendus publics sur les sites Internet des préfectures de la Haute-Garonne et du Tarn, et doivent aussi être mis à disposition du public pendant un an dans les 24 mairies des communes concernées par le tracé. Les conclusions peuvent être consultées en cliquant ici, et le rapport complet ici.

Sur la base du rapport et des conclusions, l’État se déterminera sur l’utilité publique du projet dans le délai de 12 mois, pour le projet de doublement de l’A680, et de 18 mois pour le projet d’autoroute Verfeil-Castres pour lequel la décision d’utilité publique doit être prise par décret après avis du Conseil d’État. Rappelons qu’en novembre 2016, la ministre de l’Écologie Ségolène Royal avait jugé que l’objectif d’une fin de chantier en 2022 restait jouable.

L’objectif prévu – la fin du chantier en 2022 – reste tenable. Vous pouvez compter sur la détermination du gouvernement pour qu’il en soit ainsi, dans l’intérêt de la région de Castres et de tout le territoire tarnais, jugeait alors Ségolène Royal.

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Le rapport de la commission d’enquête parle lui d’un « début des travaux envisagé pour 2020 » et d’une « mise en service pour 2024 ».

Guillaume Laurens

Rédacteur en chef adjoint
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