Actualité Attentats de janvier. Le nombre de problèmes cardiaques a explosé pendant trois jours à Toulouse

Une étude clinique réalisée à Toulouse montre que le nombre de problèmes cardiaques nécessitant une hospitalisation a augmenté de 75% lors des attentats de janvier 2015.

Publié le : 08/01/2016 à 14:53
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Le nombre de pathologies cardiaques semble avoir explosé pendant les attentats de janvier 2015. (Photo d'illustration : Amandine Briand)

C’est une étude pilote qui ne va pas passer inaperçue. Menée à Toulouse par une équipe de cardiologues emmenée par le professeur Pathak de la clinique Pasteur, l’investigation s’est penchée sur les impacts collatéraux des attentats de janvier 2015 contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher.

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Se basant sur les chiffres recueillis par le Centre de la Douleur Thoracique en janvier 2015, cette étude publiée dans Clinical Research in Cardiology évoque des « chiffres parlants ».

En janvier 2015, 346 patients ont été admis au Centre de la Douleur Thoracique (ouvert 7j/7 24h/24 avec une équipe dédiée) dont près de la moitié ont été hospitalisés. Ces chiffres sont élevés et beaucoup plus lorsque l’on compare les trois jours des attentats (7, 8 et 9 janvier 2015) aux même jours de l’année 2014. Ainsi ramené à la journée, ce taux frôle les 75% de patients hospitalisés en plus, indique la Clinique Pasteur dans un communiqué.

Les données sont encore plus impressionnantes concernant la nature des pathologies relevées : +180% d’infarctus du myocarde et +86,7% d’insuffisance cardiaque.

Le rôle des médias pointé du doigt

Le communiqué présentant les résultats de cette étude pilote évoque cependant des résultats « préliminaires » et pose quelques limites :

Cette étude pilote demande confirmation à plus grande échelle. Toutefois, elle souligne l’importance du stress comme facteur de risque de maladie cardiovasculaire. Le nombre de patients évalués dans l’étude était petit, cependant significatif.

Même si les conclusions sont à venir, les cardiologues évoquent le rôle de la presse et la « surmédiatisation » dont ont fait l’objet les trois jours durant lesquels se sont déroulés les attentats de janvier. « Cette étude (…) pense à croire que l’énorme couverture médiatique peut être la cause de l’apparition de douleurs de poitrine entraînant une hospitalisation pour des événements cardiovasculaires.  (…) Elle souligne l’importance du stress comme facteur de risque de maladie cardiovasculaire. »

Tout porte à croire que de nouvelles investigations seront menées à plus grande échelle sur cette période. Et probablement sur le 13 novembre 2015, l’actualité n’ayant malheureusement pas été avare d’événements dramatiques en fin d’année.

Photo de Xavier  Lalu

Xavier Lalu

Journaliste, chef de projet à Côté Toulouse
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