Actualité Arnaque. Comment de faux commissaires de police escroquent des retraités à Toulouse

La police de Toulouse lance l'alerte sur une arnaque impliquant de faux commissaires. Par téléphone, ils manipulent leurs victimes pour se faire verser de l'argent. Explications.

Publié le : 24/02/2016 à 17:24
fraude, carte bancaire
Sous pretexte de lutter contre une fraude à la carte bancaire, les faux commissaires escroquent réellement leurs victimes (Photo illustration DGPN)

Les policiers de la brigade financière de la sûreté départementale de Toulouse lancent un appel à la vigilance. Une arnaque financière très récurrente ces derniers mois fait actuellement des ravages principalement parmi les personnes âgées.

Carte prépayée

Le mode opératoire de cette arnaque est toujours le même et consiste pour l’escroc à endosser l’identité d’un commissaire de la brigade financière. Celui-ci après avoir ciblé des noms anciens dans les Pages Blanches, téléphone à sa victime et l’informe qu’elle vient d’être victime d’une duplication de sa carte bancaire. Le préjudice présenté par l’escroc est toujours le même : 1500€.

Le faux commissaire demande alors à sa victime d’aider la police à identifier le voleur imaginaire en se rendant dans un bureau de tabac où aurait été effectuée la duplication de la carte. En effet, depuis quelques temps, les buralistes proposent un service de carte bancaire prépayées connue sous le nom de PCS (Prepaid Cash Service).

Une opération réelle pour confondre un voleur imaginaire

Le faux commissaire explique alors que pour identifier le voleur, il faut que la victime achète des coupons de recharge de cette carte prépayée, du même montant que l’arnaque supposée, et qu’il lui communique le numéro du coupon.

Une fois le code communiqué, le faux policier assure que l’opération a réussi et demande à sa victime de déchirer le coupon en petits morceaux.

C’est imparable, confie un enquêteur de la brigade financière de Toulouse. En détruisant le coupon, la dernière trace de l’opération est effacée. Les escrocs poussent même l’ironie en expliquant à leur victime que la police viendra dans la foulée pour recueillir la plainte. Ce qui s’avère véridique, quand la victime réalise qu’elle vient de se faire arnaquer…

Avec cette recharge, les malfaiteurs peuvent directement faire des achats sur internet ou retirer l’argent en liquide. La carte PCS n’étant reliée à aucun compte bancaire, l’opération reste anonyme.

Les buralistes également visés

Les forces de l’ordre incitent donc à la prudence face à ces coups de téléphone et donnent quelques conseils pour éviter toute mésaventure :

Un policier ne demandera jamais des coordonnées bancaires ou de faire des opérations de ce genre. Ensuite, quand une personne a un doute sur l’appel, il suffit de demander le numéro du policier au téléphone et d’effectuer un contre-appel.

Selon les enquêteurs de la brigade financière, une cinquantaine d’arnaques de ce genre ont été recensées à Toulouse depuis huit mois. Le même mode opératoire viserait également directement les buralistes, précisent les fonctionnaires de police.

Photo de Xavier  Lalu

Xavier Lalu

Journaliste, chef de projet à Côté Toulouse
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