Actualité Affaire Luzenac : le football français de plus en plus ridicule

Ce vendredi 22 août, le tribunal administratif de Toulouse n'a pas statué sur le cas Luzenac. Le feuilleton rocambolesque de l'été peut continuer

Publié le : 22/08/2014 à 18:05
David - Russeil

Chaque jour un peu plus le football français se ridiculise au yeux des amateurs du ballon rond et même au-delà de nos frontières.Aux pâquerettes quant il s’agit de remporter un match de barrage pour la Ligue Europa, notre pauvre football trouve tout de même le moyen de faire parler de lui au pays du soccer (voir article du WashingtonPost) pour une affaire digne d’Astérix le Gaulois.Ce vendredi 22 août, le feuilleton Luzenac contre la Ligue de Football Professionnel (LFP) se poursuivait donc à Toulouse devant le tribunal administratif. Et on ne peut pas dire que du chaudron du tribunal, chauffé par les joueurs, les salariés et les supporters du club ariégeois, ne soit sorti une pétillante potion magique juridique.Suite à l’avis favorable à la montée de Luzenac en Ligue 2 – consultatif – du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) émis ce vendredi à la mi-journée, la justice a bien été en mal de se prononcer sur l’issue de ce dossier et mettre un peu de clarté à cette affaire. Au grand dam des Ariégeois qui attendent toujours d’être fixé sur leur sort, plusieurs semaines après que le ciel leur soit tombé sur la tête et alors qu’une quatrième journée de Ligue 2 va se dérouler sans eux ce week-end…L’audience de ce jour, privée des principales têtes d’affiche que sont Fabien Barthez, le directeur général de Luzenac et Jérôme Ducros, son président, a pourtant tenue ses promesses.Elle aurait certainement obtenue une vague d’applaudissements s’il s’était agit d’un théâtre de boulevard. Elle a par moment arraché quelques sourires crispés dans l’assistance qui n’avait pas beaucoup envie de rigoler…C’est dire…

On a l’impression de se faire balader”

Au juge des référés qui lui demandait la position de la Ligue par rapport au propositions de conciliation formulées, l’avocat des “pro” du football français n’a pas répondu dans un excellent dialogue de sourd où les mêmes questions ont été posées à plusieurs reprises entraînant la même réponse de l’homme en robe :  “Je ne peux me substituer à la Ligue qui doit réunir son Conseil d’administration”.Une suspension d’audience et un coup de fil à la Ligue plus tard, le juge visiblement lassée de cette affaire prononce un non-lieu en faveur de Luzenac, se lève, tourne les talons sans explication et franchit le seuil de la salle…puis devant le rappel en urgence de l’avocat de Luzenac qui se demande s’il a bien entendu, revient pour expliciter sa décision.

Le juge prononce un non-lieu en faveur de Luzenac puis revient sur sa décision…

Un long débat s’enclenche…Le juge tient visiblement a mettre les dirigeants du football français devant leur responsabilité…Les avocats de la Ligue lui expliquent alors qu’il est bien difficile de juger cette affaire sans avoir la position du CA de cette même Ligue qui ne pourra pas être “réuni ce vendredi car on joue”. Et oui…on joue sur les terrains de France, sauf à Luzenac, ce n’est plus un scoop…“Le but, c’est pourtant d’aller vite compte tenu des délais contraints”, répond le juge plein de bon sens. “Promis, le CA pourra se tenir ce lundi 25 août”, selon les avocats de la Ligue de Football Professionnelle qui demandent une suspension d’audience. Suspension qu’ils obtiennent.“On se fait balader” peut-on entendre dans la salle qui a déjà manifesté à plusieurs reprise son impatience devant ce méli-mélo juridique.Suite à cette audience où les avocats ont finalement soufflé la solution à la juge, le conseil d’administration de la Ligue va pouvoir réétudier le dossier. La LFP acceptera alors que Luzenac intègre la Ligue 2 et l’affaire s’arrêtera ou elle restera sur sa position et refusera l’accession et dans ce cas-là toutes les parties se réuniront à nouveau devant le tribunal administratif de Toulouse, mardi à 14h, pour poursuivre la procédure judiciaire.

On peut aller jusqu’à six journées de championnat jouées avant de réintégrer un club”

La fait que le juge des référés ait pris en compte l’avis du conciliateur est très important car dans l’attente du CA de la Ligue,  les décisions qui interdisent à Luzenac de jouer en Ligue 2 sont suspendues. La Ligue est embarrassée d’organiser un championnat à 21 clubs et elle veut montrer que c’est le club qui est responsable de cette situation alors qu’à nos yeux, c’est bien elle la responsable, explique Maître Bertrand, l’avocat de Luzenac. Pour nous, il n’y a pas d’impossibilité et on peut aller jusqu’à six journées de championnat jouées pour réintégrer un club. La Ligue à toute les cartes en main.“J’ai demandé au président de la Ligue de réunir son CA ce lundi. Ce n’est pas du temps de gagné, juste une procédure obligatoire pour connaître la position de l’instance”, expliquait quant à lui Maître Barthélémy au sortir de l’audience.Maître Barthélémy a raison. Dans cette affaire qui n’a que trop duré, il n’y a pas de temps gagné mais que du temps perdu…Temps perdu pour le football français qui ne gagne plus beaucoup sur le terrain mais ne manque jamais une occasion pour se ridiculiser…Temps perdu pour le club de Luzenac qui aura bien du mal à se remettre de cette parenthèse navrante. En Ligue 2 ou ailleurs…

Photo de David Saint-Sernin

David Saint-Sernin

Journaliste
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