Économie Aéroport, numérique, entreprises... Voici les priorités du nouveau président de la CCI de Toulouse

Jeudi 9 février, Philippe Robardey, nouveau président de la Chambre de commerce et d'industrie de Toulouse (CCIT), a présenté sa feuille de route jusqu'en 2021. Ses priorités.

Publié le : 13/02/2017 à 20:00
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Philippe Robardey est le nouveau président de la Chambre de commerce et d'industrie de Toulouse jusqu'en 2021 (Photo : Lydie Lecarpentier)

Il y a du changement à la Chambre de commerce et d’industrie de Toulouse (CCIT). Le 27 janvier 2017, Philippe Robardey, 57 ans, a été élu président de la chambre consulaire en remplacement d’Alain di Crescenzo, qui préside désormais la CCI d’Occitanie et qui a également pris du grade au niveau national en devenant premier vice-président de CCI France.

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PDG de Sogeclair (136 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016) et ancien président du Medef de Haute-Garonne (2008-2014), le syndicat patronal, il représente l’expérience face aux défis économiques à venir pour la métropole toulousaine et le département.

Reprise d’entreprise : +7% en 2016

Jeudi 9 février 2017, il a détaillé sa feuille de route à l’occasion du mandat qui va l’occuper jusqu’en 2021, dans un département qui concentre près de 30% de l’économie et de l’emploi au sein de la région Occitanie. Et qui a vu la reprise d’entreprise progresser de 7% en 2016, plus la création de 5133 nouveaux établissements. « Notre meilleur niveau depuis cinq ans », précise Philippe Robardey.

Parmi ses priorités, figure la transition numérique en haut de la pile. Un dossier de modernisation urgent pris aussi à bras-le-corps par le nouveau président de la Chambre des métiers de la Haute-Garonne, Vincent Aguilera.

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« Nous devons aller plus loin dans le service client. À terme, je souhaite proposer une CCI 24h/24, 7j/7. Les nouveaux entrepreneurs veulent du service en ligne. Nous devons accentuer l’accompagnement individuel et marketer l’offre de la Chambre », développe Philippe Robardey.

Côté commerces, la redynamisation des coeurs de ville sont un sujet préoccupant dans de nombreuses villes moyennes de la Haute-Garonne. L’image, par exemple, de ces photos trompe-l’oeil sur de nombreux commerces vides, comme dans la sous-préfecture Saint-Gaudens, n’incite pas à l’optimisme.

Pour un « commerce identitaire » au centre-ville de Toulouse

À Toulouse, malgré un centre-ville rayonnant, tout ne serait pas rose…

Nous avons le problème du prix des loyers pour les locaux commerciaux. Nous avons une commission sur ce sujet-là qui devra trouver des solutions. Quand je voyage à Montréal, à Marseille, dans le sud de l’Andalousie ou quand je suis à Toulouse, je remarque les mêmes boutiques qui vendent les mêmes choses. Il faut développer, dans les règles de la concurrence, un commerce identitaire.

Les deux mamelles de la CCIT seront au coeur des enjeux de 2017. En premier lieu la Toulouse Business School (TBS), qui a ouvert son capital fin 2016 et dont la CCIT est l’actionnaire unique. Une révolution.

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Pour Philippe Robardey, il est essentiel de « se connecter de créer de nouvelles passerelles avec l’école. La CCI doit accompagner le projet de ces jeunes ». 2017 sera l’occasion pour l’incubateur de l’école de commerce, TBSeeds, de faire décoller les projets imaginés par ses étudiants, comme Unity Cube ou Aubaine.

« Ne pas être un actionnaire Coca-Cola de l’aéroport »

L’autre « trésor » de la CCI de Toulouse, c’est l’aéroport Toulouse-Blagnac. Après l’arrivée des actionnaires chinois par l’intermédiaire du consortium Casil Europe (49,9% du capital), la CCIT est le premier actionnaire public avec 25%, devant l’Etat (10,01%) et les trois collectivités locales que sont Toulouse Métropole, le Conseil départemental et le Conseil régional (5% chacun).

L’aéroport a franchi un cap en 2016 avec plus de huit millions de passagers accueillis. Nous seront attentifs à son développement et avons nullement l’intention d’être un actionnaire Coca-Cola ou un sparring-partner. La confiance n’exclut pas la vigilance.

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Et si demain l’État venait à vendre sa part de 10% (qui représente, sur la base de la vente des parts à Casil Europe fin 2014, environ 60 millions d’euros), quelle attitude adopterait la CCIT ? « Si elle devait avoir lieu, on serait fou de ne pas se poser la question. En a-t-on les moyens ? C’est autre chose. Il faudra examiner la question si l’opportunité se présente », résume le président de la CCIT. Autre ambition pour l’aéroport voulue par Philippe Robardey, celle de voir arriver la troisième ligne de métro en liaison directe depuis la gare Matabiau et le centre-ville. Un projet qui le séduit visiblement plus que l’actuelle ligne T2 du tramway…

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Enfin, la CCIT, qui possède également 10% du capital de Francazal, annonce qu’elle restera dans l’actionnariat et qu’elle sera attentive à son développement. « Il y a ATR sur la zone, on parle de l’arrivée de Hyperloop… Cet aéroport s’est beaucoup cherché mais on commence à avoir une cohérence de projets. Maintenant, se pose la question d’une liaison directe vers l’autoroute et de ses aménagements », poursuit Philippe Robardey.

Moins 40% de budget en trois ans

Des projets, des investissements, des aides… avec, dans le même temps, des coupes budgétaires. L’effet ciseau a touché la CCIT ces dernières années. « Entre 2013 et 2016, on nous a amputé le budget de 40%. Aucune autre branche publique ne s’est vue imposer autant de rigueur », affirme l’ancien président du Medef 31. Ce qui donne une diminution totale de six millions d’euros de ressources fiscales de la part de l’État.

Et la présidentielle ? Sans se « mouiller » pour tel ou tel candidat, Philippe Robardey ne souhaite qu’une chose : la stabilisation des règles de la fiscalité et « faciliter la tâche des entrepreneurs ».

Photo de Anthony Assemat

Anthony Assemat

Journaliste, chef d'édition à Côté Toulouse
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