Politique Deux adjoints au maire de Toulouse se rallient à Emmanuel Macron : réaction de Jean-Luc Moudenc

Deux adjoints au maire (Les Républicains) de Toulouse se sont engagés, lundi 30 janvier, derrière le trublion de l'élection présidentielle 2017: Emmanuel Macron. Désordre, ou non ?

Publié le : 31/01/2017 à 18:46
Autour du maire Jean-Luc Moudenc, ses deux adjoints, Elisabeth Toutut-Picard et Franck Biasotto, qui s'engagent… pour Emmanuel Macron (Photos : Facebook / Côté Toulouse - HOD / Côté Toulouse - DSS)
Autour du maire Jean-Luc Moudenc, ses deux adjoints, Elisabeth Toutut-Picard et Franck Biasotto, qui s'engagent… pour Emmanuel Macron (Photos : Facebook / Côté Toulouse - HOD / Côté Toulouse - DSS)

Voilà qui devrait faire du bruit dans le microcosme. Deux prises d’Emmanuel Macron au cœur… du système Moudenc.

Deux adjoints à Jean-Luc Moudenc, le maire (Les Républicains) de Toulouse, viennent en effet de s’engager derrière la candidature de l’ex-ministre de l’Économie, leader du mouvement « En marche », à la présidentielle 2017. Elisabeth Toutut-Picard, 8e adjointe au maire en charge du Développement durable, et Franck Biasotto, 17e adjoint en charge du Logement, ont annoncé, lundi 30 janvier 2017 , leur adhésion au mouvement d’Emmanuel Macron.

Partis de la société civile, les voilà « En marche ! »

Rappelons que tous deux étaient des « cautions » issues de la société civile, sur la liste de Jean-Luc Moudenc aux élections municipales de 2014. Élisabeth Toutut-Picard effectue pour sa part son second mandat, puisqu’elle était dans l’opposition à Pierre Cohen lors de la mandature 2008-2014.

Élus lors des élections locales 2014 parmi les 50% de « société civile » composant la liste de Jean-Luc Moudenc, nous nous reconnaissons dans le projet de société et les valeurs progressistes que porte Emmanuel Macron. C’est pourquoi, nous lui apportons publiquement notre soutien, ainsi qu’à son mouvement « En marche ! », qui se positionne au-dessus des clivages politiques traditionnels, justifient les deux adjoints dans un communiqué.

Ils assurent leur « loyauté » au maire

Toujours selon les deux adjoints, « ce choix relatif à une élection nationale est bien évidemment totalement indépendant de notre engagement municipal et métropolitain. Nous restons et resterons pleinement investis dans nos mandats locaux, avec une loyauté totale à Jean-Luc Moudenc ».

Deux élus proches d’un maire de droite « en marche » avec Macron… Qu’en pense le premier intéressé ?

Jean-Luc Moudenc fait « la distinction »

Contacté par Côté Toulouse, le maire de Toulouse rappelle : « J’ai fait le choix, lors des dernières élections municipales, de proposer aux Toulousains une liste qui ne soit pas mono-partisane, mais qui soit largement ouverte, avec la moitié des candidats issus de la société civile ».

Jean-Luc Moudenc poursuit : c’est donc naturel qu’il y ait cette pluralité. C’est la conformité de ce que nous avions promis aux Toulousains. Nous faisons la distinction entre vie politique nationale et vie locale. Les Toulousains l’ont d’ailleurs fait depuis longtemps !

Le maire de Toulouse rempile : « Nous sommes unis par un projet municipal pour ce qui ressort de la politique municipale, mais chacun dispose d’une liberté totale pour la politique nationale ».

Alors, il n’est pas surpris si, à l’aube de la présidentielle 2017, « certains, comme moi, soutiennent François Fillon, d’autres Nicolas Dupont-Aignan, d’autres encore seront derrière François Bayrou s’il est candidat… ». Et d’insister : « Concernant ces deux adjoints, ils ont été très corrects, et m’en ont informé en amont. C’est leur choix et je le respecte ».

Aux côtés d’élus… PRG et ex-PS !

Rappelons que ces deux adjoints retrouveront chez Emmanuel Macron quelques transfuges… de la gauche locale. À commencer par la sénatrice de Haute-Garonne, Françoise Laborde (PRG).

> LIRE AUSSI : La sénatrice de Haute-Garonne Françoise Laborde (PRG) rejoint Emmanuel Macron

La coprésidente de la fédération du PRG31 a annoncé, entre les deux tours de la primaire de la gauche, qu’elle rejoignait la candidature d’Emmanuel Macron. Elle était alors la seconde parlementaire de Haute-Garonne à lui apporter son soutien, après la députée Monique Iborra (ex-PS). D’autres suivront-ils ?

Dans un entretien accordé à Côté Toulouse, lundi 31 janvier 2017, Pierre-Nicolas Bapt, co-président de la fédération du Parti radical de gauche (PRG) en Haute-Garonne, a tâché de tenir ses troupes, alors que des modérés du PS et de ses alliés bifurquent vers Macron, rebutés par le candidat Benoît Hamon :

Je ne comprends pas que certains radicaux de gauche puissent rallier Emmanuel Macron, sinon une visée électoraliste, a notamment avancé Pierre-Nicolas Bapt.

Emmanuel Macron va-t-il encore attirer d’autres élus, engagés avec la gauche comme avec la droite locale ?

> LIRE AUSSI : P-N. Bapt (PRG) : « Je ne comprends pas l’engouement de certains radicaux de gauche pour Macron »

Guillaume Laurens

Rédacteur en chef adjoint
Captcha en cours de génération.....Version audio
Changer l'image